|
Es trop rares
quartiers du Vieux-Montréal accrochent a leurs pierres
vénérables des souvenirs, une ambiance un peu nostalgiques
tranchant heureusement sur l'agitation des boulevards modernes
et pollués.
Aussi est-ce
avec intérèt que nous avons eu l'occasion de visiter un petit
établissement de la place d'Youville qui se présente à la fois
comme <<restaurant de quartier>> et comme gargote.
Ce très humbles
appellations cachent cependeant un endroit agréable où la
simplicité n'exclut par la convivialité. En d'autres termes, un
resto sympa où l'on mange bien pour pas cher. Qui dit mieux?
La Gargote
ouverte depuis le 14 février dernier semble s'orienter ver une
formule appelée à connaître un grand succés. Pas de carte, une
table d'hôte (six plats plus deux entrées et un dessert) qui
change tous les jours, ce qui assure fraîcheur et variété. Les
prix (entrée et dessert inclus) vont de 8.95$ à 11.95$. Aussi, à
midi les 36 places (plus six au bar) se remplissent-elles en une
quizaine de minutes.
Belle petite
salle avec foyer, murs en pierres anciennes, musique de fond
sans prétention rappelant un répertoire un peu fané (Le Pont
d'Avignon, Rina Ketty, Tino Rossi, etc), mais préférable à la <<musique
en conserve>> que le client doit subir dans la plupart des
établissements.
Sur le bar, une
bouteille de Lillet, un apéro jusqu'ici rarement demandé. Demi-sec
à base de vin blanc de Bordeaux (85%) et de liqueur de fruits
(15%). <<Nous en vendons beaucoup>>, affirme la serveuse.
Ce midi-là, mon
invité, dont j'avais fait la connaissance à Fort Lauderdale,
lors de L'Omnipratique 1996, était le Dr. Marie-Andrée Pigeon.
Originaire de Montréal, études médicales à l'Université de
Montréal et diplômé de médecine familiale. Elle exerça, de 1983
à 1991, surtout en santé communautaire, puis, pendant quatre ans,
pratiqua en médicine industrielle à Hydro-Québec. Elle est
récemment revenue à la médecine générale, à Saint-Bruno.
Voyons le menu
qui, comme je l'ai mentionné plus haut est très simple. entrée:
consommé maraîchère ou salade Crécy (carottes) - plats:
perciatelli carbonara (8.95$) - steak haché dijonnaise (9.95$) -
cervelle grenobloise (9.95$) - charlotte de suprême à la poire
(10.75$) - alliance de volaille et carré d'agneau au sherry
(10.95$) - tournedos de truite saumonée au beurre blanc
(11.95$). Dessert: flanc au chocolat.
Nous predrons
d'abord un consommé aux légumes. Portions fort réduites, mais
goût excellent de végétaux préparés frais. Avant d'aborder les
plats principaux, nous partageons une assiette de perciatelli
qu'on nous recommande vivement. Il s'agit de gros macaronis dans
une superbe sauce carbonara (jambon ou lardons et crème). Le Dr.
Pigeon apprécie la carbonara, parfaitement réussie -
contrairement, dit-elle, à trop d'endroit où elle est
galvadaudée. Ce goût raffiné résulte peut-être d'épices et
d'assaisonnements subtils (la <<cheffe>> française, Caroline
Wengton, est, par ses parents, de descendance chinoise et
malgache ...)
Une bouteille
de Mâcon Chardonnay Bouchard Ainé se comporta de façon fort
satisfaisante avec ces différents plats.
Faute de la
charlotte de suprême à la poire - le mets le plus recommandé et
qui s'était enlevé rapidement - mon hôte prit un tournedos de
truite saumonée au beurre blanc, décoré de tomates provençales
et de purée de carottes-navets-pomme-de-terre. Très bon. Cette
réduction de d'échalotes et de vinaigre incorporée au beurre
assure le succès du plat. Elle a d'ailleurs une petite histoire.
Pour ma part,
ce fut la cervelle grenobloise. Généralement, cet abat est poché,
servi à la meunière avec câpres et dés de citron. Ici, frite,
elle offrait une croûte pas désagréable. Mais je préfére - en
amateur - la cervelle pochée <<au naturel>>.
Le dessert: un
flan au chocolat très convenable. |